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USA-Dans son discours d'adieu, Biden met en garde contre l'oligarchie qui menace les Etats-Unis
information fournie par Reuters 16/01/2025 à 06:35

(Actualisé avec détails)

par Steve Holland, Jeff Mason et Andrea Shalal

Dans son discours d'adieu après quatre années passées à la Maison blanche, le président des Etats-Unis Joe Biden a demandé à ses concitoyens de se rassembler, avant de les mettre en garde contre une dangereuse concentration des richesses dans le pays.

"Notre système de séparation et d'équilibre des pouvoirs n'est peut-être pas parfait, mais il a préservé notre démocratie pendant près de 250 ans, plus longtemps que dans n'importe quelle autre nation (...) qui a tenté une expérience aussi audacieuse", a dit Joe Biden.

Il a toutefois mis en garde contre un "complexe industriel technologique" qui entraîne une "avalanche de fausses informations et de désinformation, permettant les abus de pouvoir".

"La presse libre est en train de s'effondrer. Des piliers disparaissent. Les réseaux sociaux abandonnent la vérification des faits ("fact-checking")", a déploré Joe Biden.

Sans les nommer, le président américain a mis en garde ses concitoyens contre les milliardaires du monde de la technologie, qui ont acquis "une dangereuse concentration du pouvoir".

"Aujourd'hui, une oligarchie se dessine en Amérique. Une oligarchie de privilèges extrêmes, de pouvoir et d'influence qui menace vraiment notre démocratie tout entière, nos droits fondamentaux, notre liberté et la chance équitable pour tous d'avancer", a dit Joe Biden depuis le Bureau ovale.

Donald Trump, qui doit prendre ses fonctions le 20 janvier, a nommé le milliardaire Elon Musk à la tête d'un nouveau "Département de l'efficacité gouvernementale", une entité privée chargée de donner des conseils en matière de réduction des budgets et des réglementations.

Joe Biden a également mis en garde contre les dangers de l'intelligence artificielle, soulignant qu'il était nécessaire de contrôler ce qu'il a appelé "la technologie la plus importante de notre temps, peut-être de tous les temps".

HÉRITAGE

Cet ultime discours du président démocrate intervient alors que son parti a peu d'influence sur la politique nationale et que Donald Trump a nommé des personnalités qui se sont engagées à bouleverser les normes en matière de gouvernance au sein de sa future administration.

Joe Biden avait décidé de se présenter à l'élection présidentielle américaine de 2024, estimant qu'il était le seul à même de battre le candidat républicain, Donald Trump.

Il avait été contraint en juillet de mettre fin à sa campagne de réélection après un débat présidentiel désastreux face à Donald Trump et avait apporté son soutien à la candidature de sa vice-présidente, Kamala Harris.

En tant que président des Etats-Unis, Joe Biden a supervisé le redressement de l'économie après la pandémie de COVID-19, financé de nouvelles infrastructures, stimulé la fabrication de semi-conducteurs et lutté contre le changement climatique, tout en essayant de rééquilibrer les inégalités et d'investir dans l'avenir.

Il laisse une économie performante et des entreprises optimistes, mais n'est pas parvenu à apaiser les divisions aux Etats-Unis, ni à mettre un terme au recul de la démocratie dans le monde.

Sa plus grande réussite politique - vaincre Donald Trump lors de l'élection présidentielle de 2020 - s'est avérée temporaire et le président élu républicain a d'ores et déjà promis de défaire une grande partie de ce que l'administration démocrate a accompli.

"Tout ce que Joe Biden voulait, c'était qu'on se souvienne des grandes choses qu'il a faites pour ce pays et, au moins à court terme, elles ont été éclipsées par sa décision mal avisée de se représenter", a déclaré David Axelrod, ancien conseiller du président démocrate Barack Obama.

Dans une lettre publiée plus tôt dans la journée par la Maison blanche, Joe Biden a évoqué ce qu'il a décrit comme une menace permanente pour le pays.

"Je me suis présenté à l'élection présidentielle parce que je pensais que l'âme de l'Amérique était en jeu, que la nature même de ce que nous sommes était en jeu. Et c'est toujours le cas", a-t-il écrit, exhortant les Américains à continuer à se battre pour que le pays se concentre sur l'égalité, la vie, la liberté et la poursuite du bonheur.

Le sénateur Chris Coons, un allié de longue date du président démocrate, a déclaré qu'à sa prise de fonctions, Joe Biden avait été confronté à une crise économique, à une crise de santé publique et à une crise démocratique après l'assaut mené le 6 janvier 2021 par les partisans de l'ancien président républicain contre le Capitole à Washington.

"Le pays était confronté à d'importantes crises. Sa plus grande réussite a été la reprise après la pandémie", a estimé Chris Coons.

AFGHANISTAN, ISRAËL

Joe Biden a estimé que la réponse unifiée apportée par l'Occident à la guerre en Ukraine, le renforcement des alliances et le retrait des Etats-Unis d'Afghanistan étaient ses principales réussites en matière de politique étrangère.

L'ancien sénateur et vice-président de Barack Obama a mis fin en 2021 à vingt années de présence militaire américaine en Afghanistan.

Ce retrait chaotique, lors duquel 13 soldats américains ont perdu la vie, a été suivi du retour au pouvoir des taliban, ceux-là mêmes que les Etats-Unis avaient chassés de Kaboul après les attentats du 11-Septembre, ce qui lui a valu des critiques tant des démocrates que des républicains.

Son soutien sans faille à Israël, qui a lancé une vaste offensive dans la bande de Gaza en réponse aux raids menés le 7 octobre 2023 par le Hamas dans le sud d'Israël, a divisé le parti démocrate et la réputation de Joe Biden s'en est trouvée ternie.

(Jeff Mason et Andrea Shalal, Steve Holland et Kanishka Singh, version française Camille Raynaud)

3 commentaires

  • 16 janvier 12:44

    Quand les misérables partisans des pires dictatures dans le monde comme la Russie fasciste parlent et critiquent les démocraties, ils offrent un spectacle pitoyable même s’ils ne peuvent perdre leur crédibilité jamais acquise, du fait de leurs commentaires complotistes et absurdement surréalistes, visant justement à miner nos démocraties.


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